Suite Suite Plus d'info sur HaïtiHAITI pauvre et anéanti
Marie Agnès Cros et Patrick Angelvy rentrent d’une mission d’évaluation pour PHI à Haïti. 16 h 52 : il a fallu 35 secondes le 12 janvier 2010 pour raser Port-au-Prince, la capitale de Haïti et les villes environnantes. Un grand nombre de personnes sont enterrées vivantes sous les décombres. Les morts nombreux sont ensevelis sous les trottoirs, à l’angle des maisons, dans les jardins, sous les routes et recouverts de gravats. Près de 400 000 personnes sont tuées Certains rescapés sont amputés à vif pour sortir de leur prison de béton. Cinq mois après, les maisons continuent à s’effondrer avec les pluies. Personne n’a l’autorisation ni de détruire, ni de réparer. Les Haïtiens dorment sous les tentes, le long des rues comme sur les places, n’osant regagner leur maison la nuit. La promiscuité est grande, ils se disputent pour un bout de terrain, une voiture mal garée. Des hôpitaux de campagne ont été installés dans les cours et les jardins. La nourriture manque. Dans les Hauts Plateaux, c’est la sècheresse qui sévit, empêchant les paysans de planter leur maïs et beaucoup commencent à manger leurs semences. La disette y est prévisible. Le quartier de Fort-Mercredi Au sud-est de Port-au-Prince, Fort-Mercredi est un ancien fort juché sur une colline. Il faut monter, monter et encore monter, s’arrêter dans des maisons aux murs effondrés et dont le morceau de vie habitable est capable à tout moment de basculer. Le pasteur Cormier nous fait visiter ce quartier populaire. Tout en haut est l’école de Béthanie. A part les beaux uniformes des écoliers, il n’y a rien : pas de cahiers, pas de livres. Les enseignants sont méritants et le directeur reste joyeux. Ils demandent un peu d’aide sans se plaindre. Sur une autre colline, le Collège de la Sagesse avec 1500 élèves a tout simplement été rasé. Les cours ont repris sous les tentes car les examens auront lieu en août 2010. Pratiquement tous les enfants sont là. Nous sommes accueillis par les pères de Saint-Jacques. Leur maison sur la colline de Lafleur Ducheine, classée patrimoine n’a été qu’en partie détruite ce qui leur permet de recevoir quantité de bénévoles, des psychologues, des médecins qui œuvrent dans une clinique mobile. Les maladies rencontrées : malaria, typhoïde, amabiase, filariose, tuberculose, malnutrition et même diphtérie.
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